Présentation de la Mesure, colloque de Lyon

[Suite au colloque de Lyon en février 2012, màj de la fiche de présentation de la Mesure]

Groupe porteur de l’initiative : commune-Mesure

Nom du projet : la Mesure

http://monnaie-locale-romans.org/

Groupe « pilote » : Pierre Alliot – Michel Lepesant – Annie Vital

Localisation du projet : Bassin de vie de Romans – Bourg de Péage (26) – France

 

 Origine et objectifs

Le projet est issu d’un précédent projet réalisé : le Forum Citoyen Romanais (http://forumcitoyenromanais.ma-ra.org/) organisé en octobre 2009 autour du thème : « Changer les échanges ».

Il compte s’intégrer dans le projet des « Territoires en Transition ». Et plus particulièrement, « Romans en transition » (http://le-dar.ouvaton.org/).

C’est un projet résolument citoyen, adoptant une méthodologie ascendante, bottom-up.

  • Redynamiser l’économie locale en relocalisant les échanges,
  • Favoriser une consommation responsable, éthique et écologique,
  • Refuser la spéculation,
  • Explorer le financement solidaire de projets économiques locaux,
  • Participer à une action citoyenne et démocratique,
  • Recréer du lien social et de la solidarité.

 

Territoire et acteurs concernes

•        Quel est le territoire concerné ? Le bassin de vie de Romans sur Isère (un peu plus de 35 000 hab) et de Bourg de Péage (un peu plus de 15 000 hab) plus quelques alentours (environ 30 000 hab), soit près de 80 000 habitants.

•        Quelle est la population visée ? Surtout ne pas se cantonner aux consomm’acteurs et élargir : et surtout aux populations défavorisées (permettre de satisfaire par des ressources inutilisées aux besoins insatisfaits).

•        Nombre de personnes utilisatrices (effectives ou prévues) ? Objectif de 1000 utilisateurs au bout d’1 an

•        Taille du réseau de prestataires (commerces, artisans, producteurs, associations…) ? Au bout de 6 mois, nous atteignons la cinquantaine de prestataires (boulangerie, kiné, café, charcutier, matériaux de construction, restaurant, maraîcher, librairie…)

•        Quels rapports entretenez-vous avec les collectivités locales ? Maintenant que le projet est suffisamment lancé, que notre initiative est reconnue, nous essayons de construire avec les institutions territoriales des partenariats en soutiens techniques et financiers.

 

Architecture monetaire (le circuit)

  • Le circuit consommateurs/prestataires est maintenant mis en place ; nous explorons la possibilité d’utiliser une partie du fonds de réserve à des fins de finances solidaires, sous la forme par exemple de capital-risque, micro-crédits…
  • 1 Mesure = 1 Euro
  • A partir d’un seuil (10 000 Mesures en circulation) , nous prévoyons une fonte semestrielle de 3%.
  • 2 types de conversion : la conversion « militante » (avec un taux « volontaire ») et la conversion « solidaire » (en partenariat avec le secteur de l’ESS mais aussi avec une municipalité ou une communauté de communes…)
  • Support : papier –  billets de 1, 3, 5, 10 et 20 Mesures
  • Seuls les prestataires reconvertissent avec une « commission » de 2,5%
  • Fonds de réserve : 100% au départ ; nous envisageons de le fractionner pour financer des « micro-projets » locaux, conformes aux valeurs éthiques de la Charte de la  Mesure.

 

Groupe de pilotage :

  • Association commune-Mesure créée le 10 décembre 2010 – Collectif de gestion + « groupe Pilote » + groupes de travail (consolidation + exploration)
  • 3 « collèges » dans l’association : fondateurs – utilisateurs – prestataires
  • Pas de « gouvernance » mais une organisation démocratique, citoyenne, transparente et bottom-up : une « autre façon de faire de la politique ».

 

SUPPORT MATERIEL ET OUTILS DE GESTION :

  • Quels outils utilisez-vous pour gérer la monnaie (émission, circulation, comptabilité ?) (modalité de transaction, logiciel et outils de gestion)
  • Comptabilité en partie traitée par une Maison de Quartier, émission et mise en circulation assurées par l’association.
  • Quelles ressources matérielles pour votre projet ?
  • Locaux associatifs mis à disposition de commune-Mesure + soutien technique + 1 emploi aidé : Maison de quartier Saint-Nicolas.

Quelles ressources financières pour votre projet ? Adhésions, contributions lors de la reconversion, fonte trimestrielle, recherche de mutualisation avec d’autres projets associatifs. Donation de la Nef  de 2500€ ; subvention Cress de 17500€.

•       Quel est le cadre juridique, légal ? Association loi 1901 (pourquoi pas un SCIC, ensuite).

•       Quel cadre d’ingénierie bancaire ? Compte courant (au Crédit Mutuel) pour le fonctionnement. Compte sur livret à La Nef pour le fonds de réserve.

 

COMMUNICATION :

•      Quelle forme de mobilisation et de sensibilisation pour les usagers ? Réunions publiques, diffusion de tracts, articles et interview dans les médias locaux et nationaux (Silence, Age de faire, Gazette des communes) et internationaux (Asahi Shimbun). Présence dans les manifestations locales « alternatives » (Faites de la récup, Marché solidaire…).

•      Pour les collectivités ? les prestataires ? Nous rencontrons les élus dans le cadre de différentes institutions économiques locales. Des commerçants sont dans le collectif de gestion. Les associations locales de commerçants sont informées par les commerçants-fondateurs du projet.

REFERENCES :

  • Pas de slogan mais nous déclinons dans toutes les expressions la richesse du nom de notre monnaie : la Mesure
  • La seconde réunion de démarrage s’est faite en présence de Françoise Lenoble et de Philippe Derruder : qu’ils en soient vivement remerciés.
  • Nous avons évidemment trouvé beaucoup de source d’inspiration dans les expériences étrangères : Chiemgauer et Ithaca Hours par exemple…
  • Tous les écrits de Jérôme Blanc nous ont été d’une grande aide ; proposition en cours d’un partenariat entre commune-Mesure et Université Lumière – Lyon II.
  •  Nous nous engageons activement dans la mis en place du réseau français des monnaies locales complémentaires (convertibles + papier) : http://monnaie-locale-complementaire.net/

 

ENJEUX DU SYSTEME :

 

•      Quels sont les obstacles que vous avez rencontrés ?

Il s’agit plutôt de difficultés, notamment juridiques et fiscales, concernant notre exploration d’utilisation d’une partie du fonds de réserve. Nous nous apercevons que la seule « offre » d’une monnaie comme « label éthique » n’est peut-être pas suffisante et que notre exploration de financements solidaires par affectation d’une partie du fonds de réserve correspond à une véritable « demande » tant des utilisateurs que, et c’est plus une bonne surprise, des prestataires : une MLC doit « faire sens ».

•      Quelle est la situation du projet à ce jour?

La Mesure circule depuis le 28 mai 2011 ; le réseau des prestataires se construit lentement mais régulièrement.

•      Son évolution à moyen terme ?

Mise en place effective d’un mécanisme de fonte (au-delà du seuil de 10000 Mesures en circulation) et de la participation par la commission de reconversion (au-delà du seuil de 51 prestataires).

•      Quelques chiffres clés, résultats qualitatifs (effectif ou prévu).

Nous envisageons en mai 2012 : 500 utilisateurs et 100 prestataires pour 100 000 Mesures en circulation.

•      Quel impact social visé ou obtenu ? Quel impact environnemental visé ou obtenu ? Quel impact économique visé ou obtenu ?

Pour ces 3 dernières questions : l’objet de l’association porteuse est de remettre l’économie locale au service du social et de l’humain, dans le respect de la nature et de la vie, au lieu d’une économie globale qui incite simplement à la spéculation et à la consommation.

 

Commentaires :

L’idée est quand même de constituer un réseau de prestataires éthiques. La Mesure fonctionnera en quelque sorte comme un « label éthique ». Dans « éthique », nous incluons les aspects locaux, sociaux, écologiques, démocratiques et humains.

Nous ne voulons ni d’un projet enfermé dans le « quant-à-soi » des militants et des consomm’acteurs ni d’un projet tellement ouvert qu’il ne deviendrait qu’une carte de fidélité entre commerçants locaux. Entre les deux, nous progressons « sur la crête ».

Pour réussir cet « équilibre », nous demandons aux prestataires non seulement de s’engager par la signature d’une convention mais nous établissons un questionnaire de suivi – que nous appelons questionnaire « au fur et à mesure » : sur les piliers de la « relocalisation », de l’écologie et du social, nous leur demandons d’engager une démarche progressive pour adapter leurs pratiques au label « éthique » de la Mesure, son « âme ».

Nous mettons en avant la dimension exploratoire de notre projet : une « expérimentation sociale », mais aussi écologique, locale et démocratique.

La « légitimité » de notre projet provient de notre volonté de nous donner les « moyens » d’une réelle réappropriation citoyenne des usages de la monnaie :

  • tant du côté de la consommation (relocalisation économique, cercle vertueux du réseau éthique pour les prestataires, éducation populaire et citoyenne)
  • que du côté de la production (épargne solidaire, partenariats avec les « acteurs » de l’ESS et les collectivités territoriales – financement, soutien, garantie…).

 

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