iDéclic Solidaire

  1. Structure

RAISON SOCIALE : commune-Mesure

Statut juridique : Association

N° SIREN / SIRET : 5307 49076 00010 Code APE : 9499Z

Date de création : 06 janvier 2011 Effectif (en équivalent temps plein) : 1

Adresse du siège social : 14, place du chapitre 26100 Romans-sur-Isère

Site Internet : http://monnaie-locale-romans.org/

 

PERSONNES RESSOURCES

NOM(s) ET PRENOM(s) de(s) la personne(s) responsable(s) de la structure :

Claire Duchêne, Jean-Claude Bidaux, Michel Lepesant, Mireille Carlin, Nicole Detrat, Patrice Floury, Rémi Echinard, Christiane Hennetin

Fonction : Collectif de gestion

Téléphone : 04-75-72-47-70 Mél : mesure-contact@ml.ma-ra.org

NOM ET PRENOM de la Personne responsable du projet (délégation du collectif de gestion pour ce dossier) : Christiane Hennetin

Fonction : Membre du collectif de gestion

Téléphone : 04-75-70-13-37 Mél : hennetin@gmail.com

 

OBJECTIFS ET MISSIONS DE LA STRUCTURE

Activités générales développées (nature et volume des activités, compétences mobilisées, publics concernés) :

L’association commune-Mesure a pour objet de :

  • Mettre en place, administrer et gérer une monnaie complémentaire dénommée la Mesure, qui est adossée à l’euro et qui circule entre des partenaires –citoyens, artisans, agriculteurs, entreprises, commerçants, associations –, qui veulent retrouver la maîtrise de l’usage des moyens d’échange.
  • Remettre l’économie locale au service du social et de l’humain, dans le respect de la nature et de la vie, au lieu d’une économie globale qui incite simplement à la spéculation et à la consommation.
  • Promouvoir actions et réflexions qui s’inscrivent dans l’esprit de sa charte des valeurs.

Au 31 mars 2012, 8500 mesures sont en circulation sur un total de 24000 mesures qui ont été échangées depuis mai 2011.Cinquante-cinq prestataires acceptent la Mesure, une dizaine (dont la Mairie de Romans) s’apprêtent à rejoindre le réseau dans les prochaines semaines. Ils se répartissent dans tous les secteurs d’activités (marchand et non marchand), et toutes formes juridiques (associations, professions libérales, artisans, commerçants, entreprises, …). L’association commune-Mesure compte 141 adhérentEs pour un nombre d’utilisatrices/utilisateurs estimés à plus de 200 personnes.

 

2. Projet

PRESENTATION DU PROJET

Intitulé : Consolidation et prospective du projet expérimental d’une monnaie locale complémentaire (mlc) : la Mesure-bassin de vie de Romans/Bourg-de-Péage.

Domaine d’activité : Une monnaie locale complémentaire s’inscrit dans le champ social, écologique, économique et politique.

Enjeux et objectifs du projet :

En échangeant ses euros contre des Mesures :

  • on se réapproprie la monnaie et ses usages
  • on redynamise l’économie locale
  • on favorise une consommation responsable, éthique et écologique
  • on refuse la spéculation
  • on soutient des projets locaux
  • on participe à une action citoyenne et démocratique
  • on recrée du lien social et de la solidarité

Description  du projet

Un projet de monnaie locale complémentaire est en soi un projet innovant.

  • Depuis le 28 mai 2011, la Mesure, monnaie locale complémentaire, circule sur le bassin de vie Romans-Bourg de Péage. Elle est émise sous forme de billets par l’association commune-Mesure. C’est un moyen de paiement légal qui est utilisable auprès des entreprises, associations, commerçants, artisans, producteurs locaux qui adhèrent à une charte de valeurs et sont signataires d’une convention avec l’association. Une Mesure vaut un euro.
  • La Mesure est une monnaie convertible en euros. C’est une monnaie fondante. Sur chaque billet figure une date de validité. Passée cette date on doit acheter un timbre (3% de la valeur faciale du billet) pour revalider le billet. Des comptoirs d’échange, au nombre de 5, permettent de se procurer des Mesures, des timbres de validation ainsi que l’annuaire des prestataires du réseau (voir ci-joint).
  • En adhérant à l’association, on se reconnait dans sa charte de valeurs. Document joint.
  • Les prestataires signent avec l’association une convention (jointe) qui contient une partie technique et une partie éthique. Cette dernière contient des questions sur la participation à la vie locale, la dimension écologique, sociale et humaniste. Les réponses sont modulables et nous n’acceptons pas que ceux qui répondent oui à toutes les questions. En effet il s’agit d’entrer dans un processus. Les prestataires sont les seuls à pouvoir reconvertir leurs Mesures en euros s’ils ne trouvent pas de fournisseurs pour les faire circuler.

Le projet semble être porteur d’exemplarité puisque nous avons eus la visite d’élus d’autres communes intéressées et d’autres porteurs de projets comme ceux d’Annecy, venus passés une journée avec nous avant de mettre en place leur projet

La MRIE (Mission Régionale d’information sur l’Exclusion) vient nous rencontrer au mois de juin afin d’étudier les potentialités de ce type de projet en matière de lutte contre l’exclusion.

Nous participons aux rencontres nationales tous les 6 mois des projets de MLC (mettre le lien du site) afin d’échanger sur nos pratiques et questionnements.

Pilotage :

  • Le projet est piloté par un collectif de gestion composé de représentants des utilisateurs, des fondateurs et des prestataires. Il se réunit tous les 15 jours.
  • Les partenaires sont les usagers, les prestataires, les associations. Nous sommes notamment en train de mettre en place des partenariats avec CLAJJ-TIPI, la Ferme de Cocagne, la Ressourcerie Verte, le groupe Archer, le SEL, la Plateforme d’insertion par l’humanitaire et la coopération, la Régie de quartier, la Maison citoyenne monnaie.. Toutes ces structures ont adhéré à la Mesure. Nous sommes notamment en train de mettre sur pied des expérimentations avec certaines d’entre elles
  • La Maison de quartier St Nicolas est un partenaire essentiel, par la mise à disposition de locaux, ordinateurs, impression de document…
  • Les élus de la Ville de Romans ont décidé de soutenir le projet et un groupe de travail avec les services financiers de la ville s’est mis en place pour réfléchir sur la mise en œuvre de l’acceptation de la Mesure dans un/des services municipaux. Une partie du prix des « projets citoyens » pourrait être donné en Mesure ainsi que des prestations de la carte P’op pour les jeunes. ( Tarifs préférentiels et avantages accordés aux jeunes en échange d’un engagement citoyen sur le territoire)
  • Une collaboration est en cours avec Jérôme Blanc et Marie Fare de l’Université Lumière Lyon II sur l’évaluation d’un projet de MLC.

Calendrier d’actions :

– Déjà réalisées :

Fête de la fonte, fête de la Mesure, stands sur le marché de la ville, rencontres avec les partenaires déjà cité ci-dessus. Organisation d’apéro- prestataires pour créer du lien entre eux et trouver des fournisseurs nouveaux en Mesures. Organisation d’une des rencontres nationales des monnaies locales complémentaire.

– A venir :

Recherche de nouveaux prestataires et développement du nombre d’utilisateurs.

Coopérations effectives entre ces différents prestataires : développement des échanges de biens et services au sein du réseau constitué, mutualisation de moyens, groupements d’achats, etc…

A terme la recherche de fournisseurs locaux communs pourrait amener à l’aide à la création d’activités non présentes sur le territoire et répondant à des besoins non satisfaits localement. Ceci pourra s’initier par la mobilisation d’une partie du fonds de réserve de l’association, en coopération avec d’autres acteurs du secteur de la finance solidaire (La Nef, CIGALES locale, collectivités, etc..)

Expérimentations concrètes de mise en œuvre des dimensions sociales et solidaires de la Mesure pour lesquelles des partenariats sont déjà engagés :

La Ressourcerie verte pour la fabrication de présentoirs de la Mesure pour les prestataires du réseau qui pourrait être réalisée dans le cadre de l’un de leurs ateliers de sensibilisation à la réduction des déchets, ce qui sensibiliserait aussi les prestataires.

CLAJJ-TIPI (logement des jeunes) pour leurs ateliers « brico-découverte » et « la bricothèque » pour examiner la possibilité de faire de l’avance de trésorerie pour l’achat des matériaux des chantiers accompagnés à domicile, pour le mobilier nécessaire à l’installation.

L’un des producteurs paysans du réseau des prestataires de la Mesure dans le cadre de l’une des Amap de la ville. La Mesure fait l’avance de trésorerie en Mesure au producteur et encaisse les chèques échelonnés des amapiens.

Organisation de conférences sur les monnaies locales avec des partenaires : Fol, Université populaire…. Notamment dans le cadre du mois de l’ESS. L’an dernier nous avions animé un atelier aux « Rencontres solidaires » de Valence

Territoire(s) concerné(s) : Bassin de vie Romans-Bourg-de-Péage.

Bénéficiaire(s) et/ou cible(s) du projet : Toute personne appartenant à ce territoire peut se sentir concernée par le projet soit en tant qu’utilisateur soit en tant que prestataire. L’économie et le lien social on tout a y gagner.

 

IMPACTS ATTENDUS DU PROJET :

En termes d’emplois :

  • Dans l’association 2 personnes ont un contrat de 24 heures par semaine (1 ETP). Le projet nécessite de les conserver et si le nombre d’utilisateurs et le volume de Mesures en circulation augmente il parait envisageable de créer d’autres emplois notamment sur des missions.
  • Par la circulation de la monnaie dans le circuit économique local (4 fois plus d’après l’expérience du Chiemgauer en Allemagne) des emplois peuvent être consolidés.
  • Par le fonds de réserve, c’est-à-dire les euros que nous recevons en échange des Mesures qui circulent, que nous envisageons d’utiliser en partie pour soutenir des projets locaux, potentiellement créateur d’emplois.

Autres :

En termes de lien social.

Chacune des structures rencontrées est prise par son objet premier ce qui laisse peu (voire pas du tout) de temps pour travailler à la mise en réseau, alors que la monnaie a un caractère centrifuge de par sa circulation. C’est pourquoi elle est une sorte de catalyseur, elle est à la fois un outil déclencheur : outil économique qui permet d’échanger et qui questionne en même temps le sens

et outil de colportage : lien qui se créé entre les utilisateurs-adhérents.

Voici 2 exemples du lien créé par le réseau Mesure :

Lorsque Jean-François, agriculteur en bio, a donné à la Maison de quartier ses surplus de légumes, il l’a fait ici car cela avait du sens. Les 2 sont adhérents de commune-Mesure, ils partagent des valeurs. Cela rompt l’anonymat de la monnaie. Ils peuvent tisser des liens non monétaires.

« Ma coiffeuse préférée », prestataire de la Mesure, face au fait que les adhérents de la Maison de quartier n’iront pas, à cause du prix, se faire coiffer chez elle, propose d’apprendre aux femmes du quartier à se couper les cheveux. C’est un exemple très concret du lien social qui peut se créer à l’intérieur du réseau de la Mesure. L’idée pourrait être aussi de donner des cours de cuisine gratuits par les restaurateurs, de voir comment les producteurs pourraient mettre à disposition, comme ils l’ont proposé, leurs surplus de récolte… Ce sont les situations crées par la Mesure qui permettent de créer du lien social.

En termes économiques.

D’après une étude de la New economics foundation (nef) le flux théorique de monnaie restant dans l’économie locale lorsqu’on utilise une monnaie locale est différent d’ avec l’euro. Que deviennent 100 euros injectés dans une économie locale ? Il reste à 80% dans le circuit local avec une monnaie locale alors que 80 % sorte du territoire avec l’euro. Au bout de 5 échanges, la monnaie relocalisée a permis pour 369 € d’échange alors que la monnaie « fuyante » n’atteint qu’un total cumulé de 125 €.

Grâce à l’utilisation du fonds de réserve, nous pourrons aider l’installation de fournisseurs utiles à nos prestataires sur le territoire comme par exemple l’emballage. Nous avons déjà incité la création d’une CIGALES (Club d’investisseur pour une gestion alternative de l’épargne solidaire) sur Romans « La Pangée », dont la plupart des cigaliers sont adhérents de la Mesure.

Nous sommes en discussion avec Pôle-sud pour participer à des achats groupés de papeterie écologique et produits de nettoyage bio.

Les impacts attendus du projet sont d’ordre social, économique mais également politique, au sens de faire vivre la cité de manière plus solidaire en permettant la participation des adhérents de la Mesure aux discussions et décisions.

 

MOYENS ET STRATEGIES MIS EN ŒUVRE POUR QUE LE PROJET ATTEIGNE SON PROPRE EQUILIBRE ECONOMIQUE :

Un projet de MLC s’inscrit dans le champ des activités d’économie solidaire créées à partir d’initiatives associant diverses parties prenantes (utilisateurs, prestataires, bénévoles, producteurs habitants, collectivités publiques) engageant l’intérêt collectif. Il relève donc du principe d’intégration économique de la réciprocité.  « Le souci de l’autre, de la réciprocité s’oppose à l’intérêt pour soi du principe de marché » comme l’énonce Jean-Michel Servet dans Le principe de réciprocité chez Karl Polanyi, contribution à une définition de l’économie solidaire dans la Revue Tiers-Monde 2007/2 N°190

Un projet de ce type doit donc emprunter ses ressources à plusieurs origines, il doit pratiquer une hybridation du marchand, du non marchand et du non-monétaire. Cependant, dans la mesure où nous ne vendons rien, les ressources marchandes resteront toujours bien inférieures aux ressources de l’économie de la redistribution qui est fondée sur une logique qui soumet la production et la circulation des richesses à des objectifs collectifs et politiques. Par la protection qu’elle accorde à l’économie basée sur la réciprocité, les ressources de l’économie de la redistribution resteront toujours importantes.

Il va de soi néanmoins que nous allons essayer de mobiliser les dons et le mécénat d’entreprises, notamment locales.

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