sept 102011
L’âge de faire consacre, dans son numéro de septembre, un dossier aux monnaies locales :
- La Mesure y est à l’honneur : http://www.lagedefaire.org/tout-savoir/dernier-sommaire/article/sommaire-numero-56#monnaies
- Mais aussi :
- un article général sur les monnaies locales : « monnaies locales, des valeurs en hausse ».
- Un entretien avec Marie Fare
- Un article sur le SOl : le sol va-t-il rebondir ?
- Un encadré sur la légalité d’une MLC
- Un article sur les SEL
- Un entretien avec Bernard Lietaer
- Un feuilleton en 5 épisodes (à suivre) sur « La monnaie et nous », par Philippe Derudder.
Nous espérons mettre l’eau à la bouche et vous donner envie de lire tous ces articles, en donnant juste un extrait de ce dossier qui illustre bien l’esprit de notre projet : merci à Fabien G. pour tout son travail.
Après avoir converti 18 euros en 18 mesures à la maison de quartier Saint-Nicolas, à Romans-sur-Isère, je me dirige chez « Ma coiffeuse préférée », un salon tenu par Marie-Noëlle. Entre deux coups de ciseaux, elle m’explique pourquoi elle accepte la monnaie locale : « Cela permet de développer la solidarité sur le territoire. Là, au moins, on sait où l’argent va. « Me voila rassuré.
Mais où va-t-il vraiment, cet argent ? D’abord dans le tiroir-caisse de la coiffeuse, pas dans des câbles électriques. La mesure est un objet palpable sous forme de billets de 1, 3 , 5 ,10 et 20 mesures. Rien d’immatériel, donc, susceptible de « s’échapper » sur un compte aux Bahamas. Ensuite, si elle ne veut pas que ses mesures soient taxées à 2,5 %, Isabelle n’a pas intérêt à les reconvertir en euros, mais plutôt à les dépenser auprès des 26 autres prestataires du réseau.
Notre coiffeuse peut par exemple déguster une salade composée à « La table des Louises ». Les deux restauratrices pourront à leur tour troquer leurs mesures pour s’approvisionner en produits frais. Les maraîchers, Céline et Julien, dépenseront à leur tour leurs mesures, en achetant des produits ménagers à la Biocoop de Romans par exemple… qui pourra payer la réalisation de tracs publicitaires à l’imprimeur local.., qui pourra consommer ses mesures à la terrasse du « Central ». José, le patron du bar, pourra donner à son employée une prime en mesures, si celle-ci l’accepte. Elle-même pourra, contre 18 mesures, bénéficier d’une nouvelle coupe de cheveux chez Isabelle… et les mesures initialement injectées de continuer leur périple, procurant à chaque fois un revenu aux uns et aux autres.
Mais où va-t-il vraiment, cet argent ? D’abord dans le tiroir-caisse de la coiffeuse, pas dans des câbles électriques. La mesure est un objet palpable sous forme de billets de 1, 3 , 5 ,10 et 20 mesures. Rien d’immatériel, donc, susceptible de « s’échapper » sur un compte aux Bahamas. Ensuite, si elle ne veut pas que ses mesures soient taxées à 2,5 %, Isabelle n’a pas intérêt à les reconvertir en euros, mais plutôt à les dépenser auprès des 26 autres prestataires du réseau.
Notre coiffeuse peut par exemple déguster une salade composée à « La table des Louises ». Les deux restauratrices pourront à leur tour troquer leurs mesures pour s’approvisionner en produits frais. Les maraîchers, Céline et Julien, dépenseront à leur tour leurs mesures, en achetant des produits ménagers à la Biocoop de Romans par exemple… qui pourra payer la réalisation de tracs publicitaires à l’imprimeur local.., qui pourra consommer ses mesures à la terrasse du « Central ». José, le patron du bar, pourra donner à son employée une prime en mesures, si celle-ci l’accepte. Elle-même pourra, contre 18 mesures, bénéficier d’une nouvelle coupe de cheveux chez Isabelle… et les mesures initialement injectées de continuer leur périple, procurant à chaque fois un revenu aux uns et aux autres.
Fabien Ginisti, L’âge de faire, n°56, septembre 2011.






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